🫧 Il n'est pas toi
Comment ne plus se confondre avec ce qu’on écrit.
Ces derniers jours, j’ai beaucoup pensé à cette phrase : « Comment ne plus se confondre avec ce qu’on écrit ? »
C’est un sujet dont personne ne parle vraiment, alors que tous ceux qui écrivent - newsletter, fiction, journal ou même posts LinkedIn - y sont confrontés un jour.
👉 Et aujourd’hui, j’aimerais t’emmener exactement là : à l’endroit où l’écriture commence à se détacher de soi.
Si tu es nouveau ou nouvelle ici, bienvenue. Je m’appelle Mélissa, et chaque lundi (ok, parfois je suis en retard), j’ouvre ma bulle - entre l’écriture de mon premier roman et mes projets d’entrepreneure - pour te raconter le chemin vers une vie où je peux créer librement, travailler avec sens et vivre à mon rythme.
👉 Si tu veux découvrir mon univers, je t’invite à lire les éditions précédentes
J’en sors après 10 ans
Chaque mois, je participe à un atelier d’écriture pour avancer sur mon roman.
Lors du dernier atelier, une participante a confié :
« J’ai du mal à faire la part des choses entre mon personnage et moi. »
J’ai su exactement ce qu’elle voulait dire.
Pas parce que je suis en plein dedans. Mais parce que j’en sors.
Pendant dix ans, je n’ai écrit que sur moi.
Mes pensées, mes colères, mes peurs, mes tiraillements, mes histoires familiales.
Je n’avais même pas l’espace mental pour inventer un personnage. Écrire un roman ? L’idée ne m’avait même pas traversé l’esprit.
Tout ce que j’écrivais… c’était moi, en vrac.
C’était nécessaire. C’était vital. C’était long.
Écrire m’a servi d’auto-soin
Sans même que je m’en rende compte, année après année, j’ai vidé ce qui encombrait.
J’ai écrit ce que je n’osais pas dire. J’ai posé des mots là où il n’y avait que des nœuds.
Comme si, à chaque page, je déposais un poids.
Chaque texte m’a permis d’ajouter un millimètre de distance.
Un peu comme quand Dumbledore extrait ses pensées avec sa baguette et les dépose dans la Pensine.
Écrire, c’était exactement ça : sortir ce qui tourne en boucle dans ma tête pour le regarder hors de moi.
Et puis, presque sans m’en apercevoir, un glissement s’est produit.
J’ai commencé à écrire à côté de moi, et plus sur moi. À sentir un espace se créer entre mon histoire et mes histoires.
Mais ce passage-là…il est fragile.
Parce que quand on écrit de la fiction après avoir écrit dix ans sur soi,
on marche sur une ligne fine :
trop près, ça brûle
trop loin, ça sonne faux.
Il y a une phrase que j’adore. Elle a aussi été partagée pendant les ateliers :
« Un personnage est un peu de l’auteur arraché par un poing dans ses tripes et boyaux et que l’auteur ne récupérera plus jamais pour lui-même »
- Malt Olbren
On ne peut pas totalement disparaître de ce qu’on crée. Mais on peut apprendre à ne plus se confondre avec.
C’est tout un art :
👉 dépasser la peur d’être “trop nue” quand on écrit,
👉 sans tomber dans une écriture sèche, distante, désincarnée,
👉 trouver ce point d’équilibre où l’émotion nourrit et reste au service de quelque chose qui dépasse celui ou celle qui écrit.
Un entre-deux vibrant. Celle où la fiction commence vraiment.
Aujourd’hui, je sens que j’y entre.
Je ne suis plus collée à mon personnage.
Je ne suis plus aspirée par lui non plus.
Je marche à côté. Je l’observe.
Il devient quelqu’un ou plutôt ELLE devient quelqu’un d’autre. Elle me parle.
Et moi aussi.
Écrire, finalement, c’est apprendre à se séparer.
Doucement. Page après page.
“Séparer” ce que je suis de ce que j’écris
Et plus j’avance, plus je réalise quelque chose : ce travail de “séparer” ce que je suis de ce que j’écris ne concerne pas seulement mon roman.
Il vaut aussi pour cette newsletter.
Pour les posts que je partage.
Pour les messages que j’envoie.
Pour tout ce qu’on met au monde par les mots.
Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois qu’on écrit, peu importe le format, on dépose une part de soi.
La question, c’est juste : quelle part ?
Et combien on choisit d’en laisser passer.
Écrire, c’est toujours un dosage.
Une tension entre dévoiler et protéger.
Entre incarner et inventer.
Entre “moi” et “ce que je veux raconter”.
Alors j’ai envie de te laisser avec cette question :
👉 Quelle part de toi attend encore d’être écrite, même timidement, même en brouillon ?
Je serais curieuse de te lire.
🫧 Mélissa 🫧





Aussi, j’ai adoré écrire mes mémoires de certification, des parties “story telling” et d’autres synthèses de recherches de thèmes choisis…
Intéressant Mélissa👍, tu me ramènes à mes années de lycéenne , toute scientifique et matheuse que j’étais, j’aimais la littérature et la dissertation, j’aimais écrire…Merci..
Et maintenant j’écris peu, des posts LinkedIn, et ta newsletter raisonne en moi, et me fais comprendre peut être pourquoi ça m’amuse d’écrire ces posts..