đ«§ Viens, on crie ensemble ?
Ce que le cri quâon ravale a Ă voir avec les idĂ©es quâon nâose pas encore poser.
Je suis contente de te retrouver dans ce premier billet de 2026.
Les vacances de fin dâannĂ©e mâont mise Ă plat. Vraiment !
Les enfants, les nuits trop courtes, la famille qui circule, les journées pleines du matin au soir.
Jâai terminĂ© lâannĂ©e avec lâimpression dâavoir vidĂ© mes batteries.
Ces derniers jours, je commence doucement Ă les recharger.
Et une idĂ©e pour me donner un coup de fouet mâa traversĂ© : crier.
Tu ne lâattendais pas, celle-là ⊠Hein đ .
Ba, moi non plus.
đ Aujourdâhui, je te dis ce que le cri quâon ravale a Ă voir avec les idĂ©es quâon nâose pas encore poser.
Si tu es nouveau ou nouvelle ici, bienvenue. Je mâappelle MĂ©lissa, et chaque lundi (ok, je suis en retard parfois), jâouvre ma bulle - entre lâĂ©criture de mon premier roman et mes projets dâentrepreneure - pour te raconter le chemin vers une vie oĂč je peux crĂ©er librement, travailler avec sens et vivre Ă mon rythme.
âArrĂȘtez de crierâ
Crier, on apprend vite Ă ne plus le faire.
On le fait quand on est enfant, puis on nous apprend Ă nous taire, Ă moduler, Ă faire attention.
Combien de fois jâai dit Ă mes propres enfants : « ArrĂȘtez de crier ! ».
Parce quâon a tous intĂ©grĂ© que crier, ça ne se fait pas.
Surtout pas.
Mais si on y pense vraiment, câest peut-ĂȘtre les enfants qui ont raison.
Eux crient parce quâils en ont besoin, au moment oĂč ils en ont besoin.
Parce que ça doit sortir. Voilà tout.
Ils ne se demandent pas si ça se fait, ni à quel niveau sonore ils peuvent crier.
Nous, adultes, les cris, on les ravale.
On les contient. On attend que ça passe. On se tait.
Parfois mĂȘme, on met un coussin devant la bouche pour Ă©touffer le bruit.
Des cris collectifs
Lorsque jâai dĂ©couvert cette vidĂ©o de la chorale de femmes de Hambourg interprĂ©ter Fire (from: Elements) de Katerina Gimon, jâai ressenti quelque chose de trĂšs physique.
Ce nâĂ©tait pas un chant doux ni harmonieux au sens classique.
CâĂ©tait brut. Des voix qui montent du ventre, des cris qui sâattrapent, se rĂ©pondent.
Quelque chose de dĂ©rangeant. Et en mĂȘme temps, dâĂ©trangement beau.
Ăa mâa rappelĂ© cette fois, il y a quelques annĂ©es.
JâĂ©tais sur un pont, au-dessus des rails du mĂ©tro de la ligne 8, station LibertĂ©.
Jâai attendu quâune rame passe et jâai criĂ©.
Jâai criĂ© le plus fort que jâai pu.
Jâai criĂ© pour Ă©vacuer quelque chose qui ne pouvait plus rester Ă lâintĂ©rieur.
Pour que ça quitte le corps plutÎt que de rester coincé quelque part.
Je me souviens encore à quel point je me suis sentie libérée.
Et je sais aussi que je ne me suis plus autorisée ce genre de décharge depuis.
CâĂ©tait Ă lâautomne 2014âŠ
Ce qui déborde aussi en création
Depuis quelques jours, je fais le lien.
Entre le cri quâon retient et tout le reste.
Les idĂ©es quâon garde trop longtemps dans la tĂȘte, les phrases quâon polit avant mĂȘme de les Ă©crire, les Ă©lans quâon diffĂšre parce quâils ne sont pas assez clairs.
Créer, pour moi, commence rarement par quelque chose de bien formulé.
Ăa commence par un trop-plein, un truc pas encore structurĂ©.
Une intuition floue.
Une phrase mal écrite posée dans un carnet.
Mais si rien ne sort, si on contient tout tout le temps, tout finit par tourner en boucle.
Et plus rien nâavance.
Viens, on crie ensemble ?
Alors en ce dĂ©but dâannĂ©e, je me pose cette question :
Et si on sâautorisait un peu plus Ă exprimer ce qui dĂ©borde ?
Ă crier un peu plus si on en ressent le besoin.
Ă moins retenir de peur dâĂȘtre maladroit.
Ă raturer des pages, plutĂŽt que dâattendre dâĂ©crire la bonne.
à se lancer dans des débuts sans plan.
Peut-ĂȘtre que certaines choses ont juste besoin de sortir pour que la suite apparaisse.
Ă trĂšs vite,



